





Blason :- José Lezama Lima : "Le Cours Delphique" (inédit)
Invention :- garp : "Entre les deux"- David Schnee : "Poésie 26"- Emmanuel Bourdaud : "Dans la poussière"- Guillaume Vissac : "Melliphage"- David Gondar : "L'Arrastre"- Emilie Notéris : "Moleskin Weapon"- Eric Schwald : "L'Auditorium"- Alain Giorgetti : "Apologie d'une star de la faim"- Julien Frantz : "Emmett Grogan, digger with attitude" (essai)
Observation :- William Navarrete : "José Lezama Lima - Un étrusque, un être anachronique - Hors du commun"- Antonio Werli : "José Lezama Lima - Repères chronologiques, bibliographie sélective"- Olivier Renault : "Lezama Lima - La foi dans l'encre"- Julien Frantz : "Hétérogenèse de l'image - Absence, distance et différence dans la poétique de Lezama Lima"- Pacôme Thiellement : "L'objectif ultime de la littérature"- José Lezama Lima : "Nouveau Mallarmé" (inédit)- Pedro Babel : "Lezama Lima, le "Proust" des caraïbes ? - Jeux de miroirs transatlantiques"- David Gondar : "Bestiaire pour une décapitation - Du jeu de mains au "je" de vilains"- Benito Pelegrin : "Miroir, double, homologue et homosexualité dans Oppiano Licario de José Lezama Lima"- Armando Valdés Zamora : "Le corps écrit de José Lezama Lima"- Ivan Gonzalez Cruz : "Lezama ou l'invité de pierre"- Enrique del Risco : "Lezama : le calamar et son encre"
Illustrations :- Bertrand Secret : "Extrospections"- José Lezama Lima : "dessins" (inédits)
Tothématique :- Julien Frantz & Antonio Werli
ne prétentieuse & affiliée: Odyssée Barbare». Est ce que c'est dommage? Je n'en sais fichtre rien. Faudrait poser deux trois questions à Claude Fell, son traducteur. Personnellement, j'aurais bien vu Chronic'art en faire sa couverture du mois (ou alors un long article portant sur la littérature sud-américaine actuelle comme un ensemble complexe d'étoiles tournant autour de l'astre noire qu'est Bolaño) quand on n'a juste laissé à Olivier Lamm l'étroite chronique d'une mini colonne pour se dépatouiller d'un tel monstre. Est ce que c'est dommage? Oui, assurément, car les articles intéressants sur le livre se comptent sur les doigts d'une main amputée (je ne parlerai pas des amis & collègues au risque de passer pour un petit Savigneau 2.0... Oh! & puis merde: Bartleby ici & Antonio là). Ceci dit, un grand livre ambitieux & agaçant, un peu comme l'était Velum, c'est déjà beaucoup.
... ai lu dix mille de vos chroniques, théâtre & littérature. Un peu de vos livres aussi, Grand Dadais, La Folle de Lituanie, ces titres qui vous résument. » & une dernière phrase pour la ligne adressée au directeur du NRC Handelsblad dont l'une des journalistes avait descendu une pièce de Cousse. Chaud devant: « Si féministes convaincus que nous soyons l'un & l'autre, Monsieur le Directeur, vous admettrez qu'il s'agit là des propos affligeants d'une foutue salope »... pfff! Yves Calvi en aurait fait une émission pour savoir si, aujourd'hui, de tels propos seraient encore possibles. Faudra tout de même jeter un oeil à ses romans, histoire de voir si il est à la hauteur de ce qu'il critique. Mais ça fait quand même du bien par où ça passe.
ostumes identiques bleu nuit, sept polos rose pâle, des derbys en cuir noir qui m'ont coûté les yeux de la tête & une paire de Persol 714 pliables (714 + pliables = pléonasme) & je suis en train de devenir le mythe fuyant de mes propres fictions – la faute à Colette Manette. A une époque, j'habitais encore en ville, je voulais écrire des livres très épais (j'aurais aimé être l'auteur de L'Homme Sans Qualités à la place de Musil pour, parodiant Flaubert & sa salope d'Emma, m'écrier: « L'homme sans qualités, c'est moi! »). J'adorais Manchette (les chroniques pas ses romans qui sont plus que moyens à mon goût... que j'ai bon – un peu comme Kundera d'ailleurs), je vénérais Pynchon, Kerouac & Kafka & me suis dit que si j'arrivais à mixer tout ça ensemble (la lucidité & l'ironie de Manchette, l'onomastique de Pynchon, le style de Kerouac & tout ce qui ne va pas chez Kafka) avec une intrigue bien barrée j'allais devenir foutrement célèbre, avoir pas mal de fric pour m'acheter d'autres polos rose pâle, la gamme complète de Persol pliables & faire l'amour avec des nanas sensas, des tas de groupies qui se seraient organisées en fan clubs à travers toute la planète & qui hurleraient mon nom lorsque je descendrais de mon jet privé que j'aurais fait peindre en noir comme celui du patron de Playboy. J'ai toujours rêvé d'être reporter pour Playboy maisBREF! Je me suis donc mis à écrire &, ma foi, c'était bien parti je trouve. J'ai commencé ce qui allait être le plus grand polar jamais écrit depuis qu'Ellroy est devenu totalement sénile & se trimballe avec Bruce Wagner (le crétin, voui) dans une limousine d'où il appelle une ex copine en se faisant passer pour un chien ou raconte tout un tas des conneries sur Bukowski... je vous jure que c'est vrai. Il est complètement au bout du rouleau. J'écrivais, j'écrivais donc, je tapais de mes belles mains d'aristocrate aux doigts longs, fins, subtils, les suites de lettres qui allaient dévoiler mon incroyable audace à l'humanité reconnaissante. A l'époque j'étais jeune & plein d'enthousiasme (aujourd'hui, à 29 ans, je le suis juste un peu moins) mais je n'avais aucune pratique. J'étais un diamant brut qu'il fallait tailler. Mon roman devait être une espèce de saga des temps modernes, le genre de livre qui ne vieillirait jamais, le genre de livre que les intellos m'envieraient pour son érudition éblouissante, sa construction alliant un soupçon de post-modernisme à une structure totalement originale & que le peuple adorerait parce qu'il lui parlerait simplement , lui raconterait l'histoire du Bien contre le Mal avec des passages où le Bien ne sait plus si il ne devrait pas faire aussi un peu de mal avant de se reprendre & de faire triompher le bien & l'amour - & les gens le liraient en se disant qu'il sont en train de vivre quelque chose (de-oulalala-de-bordel-de-diou!) d'unique sans savoir vraiment quoi, ils le liraient en se disant que la littérature française n'est pas morte après tout, que les romans à la papa de Michel Déon & ses putains de rois à la con ou de Max Gallo qui ne s'épargne aucune hagiographie dans le Figaro pour lequel il bosse dur (hi-hi-hi), le Figaro dont tout le monde ici connaît la célèbre devise... AH AH AH AH AH! Quel pays épatant! Je me régale (déjà dit quelque part ce refrain...). Tout ce caca bouda in folio est bon pour la casse! & le peuple passerait mon livre à ses enfants qui l'adoreraient à leur tour, y trouveraient quantité de choses que leurs parents n'avaient même pas remarqué ou voulu remarquer mais qui, pour eux, seraient cruciales parce qu'ils s'y reconnaîtraient, un livre de leur époque, qui les comprendrait & leurs donnerait une voix, un espoir, du rêve & alors ils en feraient un culte & on adapterait le livre au cinéma & cette oeuvre qui circulait secrètement depuis des années dans l'ombre, qui se passait de mains en mains, qui provoquait des soupirs à peine retenus deviendrait un livre monde, un best-seller parmi les best-seller, un échelon pour toute la civilisation & chaque habitant du globe y trouverait son compte, les européens y embrasseraient l'art de la fiction dans sa plus pure forme (Fils de Rabelais! Lève toi!), les américains de l'action & des complots, les africa
ins une oralité retrouvée & enfin reconnue, les asiatiques seraient comblés par le culte du secret qui y frissonnerait à chaque lignes... tout le monde y trouverait son compte, chacun le laisserait traîner sur sa table basse où le fiston s'en emparerait à son tour & le laisserait traîner sur sa table basse &... la gloire en toute lettres quoi. Chiaro e tondo!
araissent assez peu intéressants. (Comment ne pas lui donner raison mais attendez! Ça continue) C'est vrai que j'ai beaucoup lu la littérature anglo-saxone, mais aussi Murakami, la littérature japonaise donc. » & la meilleure mon pote! Un peu plus loin, parlant de son premier roman La Théorie des Nuages (un titre à la Murakami pour le coup): « Pourquoi ai-je choisi ce sujet des nuages? Bien entendu, volens nolens, on est amené à ce situer. (Bien entendu) Le nuage est un non-objet. La météorologie m'intéresse parce que c'est mondial. Parler des nuages, c'était parler d'un monde fini, au sens de la finitude. Mais c'est aussi un roman écologique au sens très large & le mot « fini » est à entendre d'une autre façon. »... mmmm... parler des nuages, c'était parler d'un monde fini, au sens de la finitude... évidemment, pris comme ça, ces phrases peuvent ridiculiser n'importe qui. Même l'auteur d'un roman écologique au sens très large. De plus, il va bien falloir que j'attende d'avoir lu le livre avant de faire mon Raymond Cousse sinon je vais me faire taper sur les doigts & ça sera bien fait. Parce que là, je donne l'impression qu'Audeguy enfile les perles comme d'autres les commentaires assassins. Il se trouve que tout au long de cet entretient l'écrivain (qui a passé deux mois au Kenya pour écrire son livre, c'est important) dit des trucs assez intelligents & plutôt bien sentis, notamment sur le film Slumdog Millionaire. Quoiqu'il en soit, nous verrons bien. Lazare Bruyant est patient.
onaises) que ces dites cultures se conservent le mieux, de peur de se retrouver « noyées ». Ainsi, poursuit-il, c'est bien en Carélie & non à Moscou ou Pétersbourg, qu'à été retrouvé l'un des plus vieux texte traditionnel russe. La journaliste, qui ne se démonte pas, lui fait remarquer qu'il aurait très bien pu aller en ville où les attraits culturels & intellectuels sont plus importants. Réponse de l'ermite: « Pour bien examiner le nouveau visage de la Russie, j'ai pensé qu'il ne suffisait pas de regarder la face épanouie des nouveaux russes dans les pubs de la rues Tverskaïa, dans les couloirs du Kremlin ou sur les écrans de télévisions, mais qu'il fallait aussi voir les figures de ceux qui sont restés sur les lieux détruis, regarder leurs yeux ivres, fous. » (p22).
'entoure. C'est possible & pourtant: tout ce que Düring appelait de ses voeux dans Scènes de la Vie d'un Faune est devenu réalité dans ces pages serrées & nerveuses: l'homme & donc, par la grâce de la plus coquette des soustractions, sa stupidité congénitale ont disparu de la surface de la terre & voilà qui semble parfait . Le Dernier Homme n'a aucune mélancolie & pour lui l'enfer c'était bien les autres. C'est un dur à cuir mais, étrangement, il ne peut s'empêcher de prolonger les rituels d'une vie communautaire pourtant éteinte depuis cinq maintenant: il écrit une lettre incendiaire (& hilarante) à un pseudo historien, certainement mort comme le reste de l'humanité, dont il a lu un article dans un vieux Reader's Digest & finissant par ces mots (la lettre, pas l'article) : « C'est sans doute humiliant pour votre nation [les États-Unis] de n'avoir jamais rien livré d'intéressant – à part Edgar Poe – à la grande culture; mais un jour viendra, n'ayez crainte! (En tout cas pas par vos mérites!). J'espère que votre chasse d'eau fonctionne bien, avec mon mépris le plus sincère. » hi hi hi... prépare un questionnaire des plus sensas (que je rajouterai dans une prochaine notule), on le voit faire un tour d'honneur devant les tribunes vides d'un stade après avoir marqué un but fictif, on le surprend en train d'essayer d'intercepter des ondes radios en provenance d'Australie (sait on jamais) &, le plus troublant: Ach Mein Got! Il tient un journal (???). Tous ces petits gestes accomplis dans le vide le plus total ne sont (ne pourraient être) que des résurgences d'une vie lointaine & on ne peut que les comprendre, mais voilà qu'au détours d'un bois notre ami se fait canarder par un tireur embusqué, avec des vraies balles & tout & tout. C'est l'entrée de Lisa, la Dernière Femme. Ils se vouvoieront pendant un petit moment.
se passait juste avant & pendant la Seconde Guerre Mondiale avec quelques sauts vers le premier conflit (la faute à Thierry) & y était inclus toutes les leçons nécessaires que chacun pouvait en tirer. Düring y passe son temps à s'alarmer devant l'absence de bon sens & surtout de mémoire de ses semblables. A priori ils n'ont rien retenu de la boucherie des tranchées. Au contraire, ils parviendront même à dépasser cette horreur (les camps d'exterminations, Hiroshima & Nagasaki...). De Brand's Haide je ne pourrais rien dire tant que je n'aurai pas appris l'allemand. Par contre, on retrouve cette même colère exponentielle du protagoniste de Miroirs Noirs devant l'incapacité des hommes à apprendre de leurs erreurs. C'est en fait une partie très étrange du roman où Schmidt délaisse pour quelques pages son style si caractéristique pour des phrases aussi directes que possible (je parle ici de la petite balise que représentent l'espace virulent contenu entre les pages 87 & 90 de l'édition Bourgois, Bourgois qui, au passage de cette modeste parenthèse, me ferait un plaisir immense en voulant bien faire quelque chose de son Brand's Haide épuisé... le sortir en Titres ou bien, si c'est pas déjà fait, le refiler à Tristram par exemple) Bref! Bref! Bref! des phrases aussi directes que possible dis ai je, histoire de bien se faire comprendre de cette civilisation du « Jamais plus au sein du monde du toujours encore » pour reprendre les mots de Anders. Ainsi, lit t'on que Lisa fut déportée. On s'était pourtant promis que plus jamais... Il n'est pas dit si elle est juive ou si elle fut déportée pour d'autres raisons. On sait juste que s'est arrivé, encore. La faute à qui tout ce merdier? Dieu? On pourrait penser que Dieu n'est qu'un détail vu la façon expéditive dont le narrateur s'en débarrasse. Pan! Pan! Comme pour les lapins. Mais bon... Le Grand Méchant Loup c'est le Léviathan, déjà écorné dans le premier livre de Schmidt. D'ailleurs l'intertextualité est, une de fois de plus & pour des siècles & des siècles, permanente, autant avec ses textes précédents (Léviathan donc, Scènes de la Vie d'un Faune) qu'avec les prochains dans lesquels il émargera quelques embryons déposés ailleurs. A la fin on en arrive à penser un peu comme lui. On se dit qu'il n'y avait peut être pas d'autre solution face à une telle incurie, à une telle répétition infernale qui ne pouvait qu'engendrer une sentence finale. Mais l'arrivée de Lisa bouleverse totalement ses certitudes.
Je me demande bien pourquoi je tiens encore un journal; je n'ai plus envie de trifouiller dans ce qui est vide de sens. » & plus loin, avant que Lisa ne le quitte comme Käthe quitta Düring, elle lui demande pour qui est ce qu'il écrit, si il ne s'est jamais senti une responsabilité « morale » ou « militante », il lui répond que non, que ça lui ferait bien mal là où je pense (au passage on peut dire à Sartre – dont j'étais en train de faire semblant de relire le Qu'est-ce que la Littérature? qui est d'un ennui mais d'un ennui & borné avec ça... incapable d'écrire quoique ce soit sans y fourrer ses sempiternels slogans de sortie d'usine - d'aller reposer ses yeux joueurs, lui pour qui l'écriture & la lecture étaient les deux faces d'un même fait historique – vrai! - mais, & aussi voilà où ça coince, que le lecteur, ainsi que l'écrivain itou ne seraient presque que des animaux politiques façonnés par un contexte social & historique & basta – pas faux mais pas que) & qu'il se demande juste (le Dernier Homme), parfois, ce que ses auteurs préférés en auraient pensé. Mais des lecteurs, pourquoi faire? Au début du roman, alors qu'il vadrouille sans cesse, le narrateur pénètre dans une maison abandonnée. Il se trouve que c'est celle d'un écrivain, un certain Arno Schmidt. Dès lors on voit bien quel sort pourrait être réservés à ses écrits à lui & à nos lectures à nous. Il se pourrait aussi qu'on y trouve là la seule, possible, ultime & authentique filiation.